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Le réseau des correspondants de l’IHTP

L’IHTP anime un réseau d’une cinquantaine de correspondants départementaux répartis sur toute la France métropolitaine en vue de conduire des enquêtes collectives. Unique en son genre dans la recherche historique française, ce réseau est constitué principalement de professeurs d’histoire de l’enseignement secondaire (en activité ou en retraite) et d’archivistes.

Cette structure de recherche trouve sa double origine à la Libération. En octobre 1944, le Gouvernement provisoire de la République française créait le Comité d’histoire de l’occupation et de la libération de la France (CHOLF) rattaché au ministère de l’Éducation nationale. Quelques mois plus tard, en 1945, un Comité d’histoire de la guerre (CHG) était institué qui avait pour fonction de réunir les fonds documentaires sur la Seconde Guerre mondiale. Ce comité était rattaché à la Présidence du Conseil. En 1951, Henri Michel fut à l’origine de la fusion du CHOLF et du CHG donnant naissance au Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale (CH2GM), organe rattaché aux services de la Présidence du Conseil puis du Premier ministre.

Une négociation entre le Secrétariat Général du Gouvernement et le CNRS aboutira à la création en 1978 de l’IHTP, unité propre du CNRS, et à l’intégration des correspondants du CH2GM dans le réseau des correspondants départementaux de l’IHTP, lequel à partir des années 1980, fut constitué pour l’essentiel d’enseignants du secondaire. Il a reçu, dès son origine, le soutien des Archives nationales et du Ministère de l’Éducation nationale qui a attribué des heures de délégation puis des heures supplémentaires aux membres du réseau, professeurs d’histoire- géographie en poste devant élèves.

Le réseau des correspondants de l’IHTP constitue une ressource fondamentale et précieuse de l’enquête. Leurs connaissances du terrain, des archives et des méthodologies historiographiques permettent d’envisager cette approche à travers le prisme du local. Un espace local conçu à la fois comme un échelon infranational et un territoire socialement et culturellement organisé. La notion de local renvoie en effet à un lieu institutionnellement défini aux frontières bien délimitées, mais aussi et surtout à un espace construit par différents acteurs au cours de leurs diverses relations (espaces de voisinage, de commerce, d’échanges ou de conflictualité). L’enquête visera donc à s’interroger sur la manière dont la problématique de l’accueil des étrangers trouve des réalisations et des représentations sur le terrain des espaces sociaux de plus grande proximité, là où les rencontres effectives se déroulent.